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Permis de construire

L’indemnisation du préjudice résultant pour un tiers d’une construction édifiée sur le fondement d’un permis annulé

Par une décision qui sera mentionnée aux tables du recueil Lebon, le Conseil d'Etat s’est prononcé dans le cadre d'un recours indemnitaire formé par le voisin d'une construction édifiée sur le fondement de deux permis de construire ayant fait l'objet d'une annulation contentieuse. Confrontés à la présence d’une construction lui causant un préjudice, le voisin gêné peut envisager d'engager la responsabilité civile du « constructeur » (devant les juridictions de l'ordre judiciaire), ou la responsabilité de l'autorité administrative ayant délivré le permis de construire (devant les juridictions de l’ordre administratif). Dans cette dernière hypothèse, les tiers requérants ont le droit, si la construction a été réalisée et sous réserve du cas dans lequel le permis a été régularisé, à obtenir la réparation de tous les préjudices trouvant directement leur cause dans les illégalités entachant l'autorisation d'urbanisme. A ce titre, le Conseil précise que « la perte de valeur vénale des biens des demandeurs [...]
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Permis de construire des éoliennes et Autorité Environnementale

On se souvient peut-être que par deux décisions rendues fin 2017, le Conseil d'Etat a annulé plusieurs dispositions règlementaires dans la mesure où elles avaient pour effet de maintenir ou de prévoir au sein du Code de l'environnement la possibilité pour le préfet de région d'être à la fois l'autorité qui instruit une demande d'autorisation administrative et l'autorité environnementale qui émet un avis sur l'évaluation environnementale du même projet. Ce faisant, les Juges du Palais Royal avaient fait valoir la nécessité de garantir une séparation fonctionnelle entre l'autorité publique qui instruit la demande d'autorisation et l'autorité qui émet un avis sur l'évaluation environnementale du projet. S'inscrivant dans cette logique, par une décision venant d'être rendue (qui sera mentionnée aux tables du Recueil), le Conseil d'Etat a d'abord confirmé l’annulation d’un permis de construire six éoliennes et deux postes de livraison, dans la mesure où dans cette affaire, le préfet de [...]
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Un permis tacite peut-il naitre sur injonction de réexamen du Juge administratif ?

La question, d'une grande importance pratique, faisait l'objet de débats en doctrine : un permis tacite peut-il naitre quand le Juge administratif, après avoir annulé une décision de refus de permis de construire, enjoint à l'administration de procéder à un rééxamen de la demande du pétitionnaire ? Le Conseil d'Etat a tranché dans sa décision du décision n° 402321 du 28 décembre 2018. C'est la décision commentée dans le numéro d'avril 2019 de la revue Actualité Juridique Collectivités Territoriales, disponible ici
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Le mécanisme de « caducité des requêtes » de l’article L. 600-13 du Code de l’urbanisme est contraire à la Constitution

L'on se rappelle que dans le cadre de la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l'égalité et à la citoyenneté, le législateur a décidé d'introduire un mécanisme (très controversé) dit de "caducité des requêtes" en contentieux de l'urbanisme. Intégré au - nouvel - article L. 600-13 du Code de l'urbanisme, ce mécanisme prévoyait alors que : "La requête introductive d'instance est caduque lorsque, sans motif légitime, le demandeur ne produit pas les pièces nécessaires au jugement de l'affaire dans un délai de trois mois à compter du dépôt de la requête ou dans le délai qui lui a été imparti par le juge. La déclaration de caducité peut être rapportée si le demandeur fait connaître au greffe, dans un délai de quinze jours, le motif légitime qu'il n'a pas été en mesure d'invoquer en temps utile". En raison de son caractère à la fois peu lisible et [...]
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Un décret précise les modalités d’application de l’article L. 600-5-2 du Code de l’urbanisme

Un récent décret, publié au journal officiel du 12 avril dernier, vient préciser l'articulation entre le nouvel article L. 600-5-2 du Code de l'urbanisme créé par la  loi ELAN qui prévoit que la légalité d'un permis modificatif, d'une décision modificative ou d'une mesure de régularisation qui est délivré en cours d'instance "ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance" et les dispositions préexistantes du Code de l'urbanisme. Ainsi la contestation d'un permis modificatif, d'une décision modificative ou d'une mesure de régularisation délivré en cours d'instance est-elle désormais dispensée de la notification à l'auteur de l'acte et au pétitionnaire prévue à l'article R. 600-1 du Code de l'urbanisme. Par ailleurs, la cristallisation automatique des moyens susceptibles d'être soulevés à l'encontre d'un permis modificatif, d'une décision modificative ou d'une mesure de régularisation interviendra dans un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du [...]
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La contractualisation des règles d’urbanisme doit résulter d’une volonté non équivoque des colotis.

L’on sait qu’un lotissement peut être régi par deux documents distincts : le règlement et le cahier des charges. Tous deux élaborés par le lotisseur, le règlement et le cahier des charges poursuivent - théoriquement - des finalités distinctes : le règlement pose la norme d’urbanisme applicable dans ce lotissement (telle que, par exemple, les règles relatives à l’utilisation des sols, à l’implantation, à la destination des constructions, applicables au lotissement : H. JACQUOT, F. PRIET, Droit de l’urbanisme, 7ème éd. Dalloz, p. 817, § 673) et le cahier des charges fixe les droits et obligations réciproques des propriétaires de lots. Le cahier des charges est donc avant tout un contrat auquel souscrivent les colotis lors de l'acquisition de leur lot. Dans ce cadre, il arrivait que les colotis s’entendent pour « contractualiser » des règles d’urbanisme, pour se prémunir d’éventuelles évolutions des règles d’urbanisme locales. La  décision commentée de la Cour de cassation se prononce sur [...]
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Le recours contre une décision juridictionnelle enjoignant à l’administration de délivrer une autorisation d’urbanisme ne relève pas du champ de l’article R. 600-1 du Code de l’urbanisme

Par un avis n° 427729 en date du 8 avril 2019 (mentionné aux tables), le Conseil d'Etat a précisé - une nouvelle fois, pour tenir compte du renouvellement du pouvoir d'injonction du Juge administratif (cf CE, Avis, 25 mai 2018, Préfet des Yvelines, n° 417350) -  le champ d'application des dispositions de l'article R. 600-1 du Code de l'urbanisme qui, pour rappel, imposent aux personnes qui contestent (par la voie gracieuse comme contentieuse) une autorisation d'urbanisme de notifier dans un délai de 15 jours, à peine d'irrecevabilité, leur recours à l'autorité ayant délivré cette autorisation ainsi qu'à son bénéficiaire. En l'espèce, le Conseil d'Etat était interrogé sur deux points par la Cour administrative d'appel de Bordeaux (pour l'arrêt rendu par la Cour, voir : CAA Bordeaux, 5 février 2019, n° 18BX02541-18BX02561) : "1°) Lorsque le juge a enjoint à l'autorité compétente, dans l'hypothèse où il a annulé un refus d'autorisation ou une [...]
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Le recours formé à l’encontre du permis de construire les « Tours Sisters » rejeté par le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise

Initié par plusieurs sociétés, le recours dirigé contre le permis de construire délivré à la SCI CNIT Développement en vue de la construction, sur le parvis de la Défense, d’un immeuble de grande hauteur à usage de bureaux et hôtel dit "Tours sisters"  (le projet consiste, à grands traits, à édifier deux tours développant près de 95.000 mètres carrés de SDP et culminant à des hauteurs respectives de 219 et 121 mètres) a été rejeté par le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise par un jugement en date du 5 avril dernier. Dans cette instance, le Cabinet (représenté par Philippe Peynet et Antoine Petit dit Chaguet) est intervenu en défense dans ce dossier. Voir le communiqué de presse du Tribunal Voir le jugement
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Le Conseil d’Etat apporte des précisions sur les règles relatives à l’affichage d’un permis de construire

Par une décision en date date du 25 février dernier, le Conseil d'Etat a apporté des précisions sur la question de savoir comment il convenait d'apprécier l'indication de la hauteur d'une construction sur un panneau d'affichage d'un permis de construire, notamment quand, comme en l'espèce, la hauteur mentionnée ne correspondait pas à la réalité du projet autorisé (en raison d'un terrain en déclivité). On le sait, une telle erreur n'est pas sans incidence puisqu'il est jugé de manière constante que l'affichage ne peut en principe être regardé comme complet et régulier (et donc faire partir le délai de recours contentieux à l'égard des tiers ; cf art. R. 600-2 du Code de l'urbanisme) si la mention de la hauteur "fait défaut ou si elle est affectée d'une erreur substantielle, alors qu'aucune autre indication ne permet aux tiers d'estimer cette hauteur" (CE, 6 juillet 2012, Ramaye, n° 339883, mentionné aux tables ; [...]
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